Comment limiter le recours au streaming ou au flux ?

Le streaming ou flux (en français) pèse lourd en termes d’empreinte carbone.
Selon le site d’EDF :

Aujourd’hui, l’empreinte carbone numérique représente 4 % des émissions de gaz à effet de serre dans le monde. Soit davantage que le transport aérien. Et la vidéo en ligne représente déjà 60 % des usages du numérique.

EDF

Mais nous qui sommes de grands consommateurs d’images, que pouvons-nous faire avec nos écrans ?

1 Examinons nos pratiques, nos habitudes et évaluons-les

Dans une famille, il y a celui qui regarde des vidéos courtes ou moyennement longues sur son smartphone, qui écoute de la musique sur différents supports, regarde la télévision sur écran soit en direct, via le replay des chaînes ou via les plateformes. Certains utilisent l’écran de leur ordinateur ou d’autres la télévision sur des écrans plus ou moins grands et plus ou moins récents.

On peut ainsi, pourquoi pas en famille, faire le bilan de ses activités avec les flux.

  1. Combien de temps je passe sur un écran dans une journée pour voir des images ?
  2. Quel écran j’utilise ?
  3. Quel est l’âge de mon matériel ?
  4. Est-ce que j’utilise le Wi-Fi ou la 4G (ou 5G) ?
  5. Est-ce que je regarde des images « en direct » via une chaîne ?
  6. Est-ce que je télécharge des vidéos de type You-Tube ou est-ce que je les regarde en ligne ?
  7. La télévision est-elle parfois allumée sans spectateur ?
  8. Est-ce que j’écoute un flux de musique en ligne ?
  9. Est-ce que j’écoute un flux de musique téléchargé ?
  10. Est-ce que j’utilise l’enregistreur du décodeur TV ?

On peut même faire un tableau.

Horaire ou duréeCe que j’ai regardéCe que j’ai écouté matériel utiliséWi-Fi4 ou 5Gen ligne téléchargé ou enregistréécran allumé sans spectateurautre
un exemple possible
  • ne pas oublier de comptabiliser le recours aux jeux vidéos notamment en ligne

Bien entendu deux problèmes se posent :

  • pouvoir évaluer l’impact de nos pratiques (que consommons-nous et que pouvons-nous réduire ?)
  • la nécessité d’une réponse collective tant sur le plan technique (avoir des outils plus durables qui permettent d’alléger les flux) que du point de vue des grands choix et organisations (dans la logique du « pollueur-payeur »)

Faire ainsi un premier bilan n’a pas pour but de culpabiliser ou proposer des réponses simplistes mais d’essayer de mesurer notamment l’écart entre nos besoins et nos usages. D’un point de vue éthique et de nos choix de vie, il peut être aussi intéressant de reprendre la main et de ne pas nous laisser happer par exemple par les plateformes de streaming qui accroissent notre temps devant écran au déficit parfois (souvent) d’autres activités.

beenhere

Carbonalyser par The Shift Project

Une extension pour Firefox permet d’analyser l’impact de sa navigation, on peut la trouver au lien https://addons.mozilla.org/fr/firefox/addon/carbonalyser/
Il reste qu’il ne s’agit que d’une évaluation partielle…

Aujourd’hui la plupart des fournisseurs mobiles permettent de mesurer les Go dépensés avec son forfait.

On notera au passage que les fournisseurs ont tendance à augmenter l’offre de gigaoctets disponibles, autrement dit, ils poussent à la consommation !

Mon offre initiale était de 80 Go et l’on notera qu’en étant sobre et malgré le chargement de photos à l’extérieur, j’ai relativement peu consommé avec mon mobile…

Mais clairement, il manque un outil qui nous permettrait de suivre et mesurer notre consommation par appareil !

Il faudrait également inclure l’amortissement sur la durée en fonction de nos appareils !

2 Sur quoi pouvons-nous jouer ?

Quelques idées à garder en mémoire

  • je fais durer mon matériel (ordinateur, TV), j’achète du reconditionné, je donne ce dont je n’ai plus l’usage…
  • je télécharge plutôt que regarder en streaming si c’est possible
    • plutôt que regarder le programme en replay, je peux l’enregistrer sur mon décodeur TV
  • si la réception de l’antenne TV existe et est bonne, il semblerait préférable d’utiliser la TNT plutôt que la connexion Internet.
    • certaines box disposent d’une prise antenne pour les chaînes de la TNT (cela allège également le débit du foyer et permet d’avoir plus de disponibilité pour les autres usages… notamment dans le cas d’une connexion ADSL).
  • je réduis le poids de la vidéo (que ce soit pour la partager sur un site ou la regarder)
  • j’utilise le Wi-Fi plutôt que le réseau mobile
  • je peux préférer le petit écran moins énergivore
  • je peux choisir une luminosité adaptative
  • je limite la mise en veille des appareils (notamment ordinateur et périphériques que je peux éteindre complètement)
    • il existe des fonctions de mise en sommeil de certaines box Internet qui réduisent la consommation d’énergie, idem pour les décodeurs TV (qui seront juste un peu plus longs à se réactiver)
  • je ne laisse pas la télévision allumée en permanence même si plus personne n’est devant
  • j’essaie de partager mes préoccupations sur ce sujet en famille ou sur mon lieu de travail (l’idée étant que les bonnes idées et pratiques « infusent » dans la société pour que les décideurs et politiques s’en emparent et agissent).

D’une manière générale j’essaie d’aller vers la cohérence entre mes idéaux et mes pratiques.
On notera que c’est toujours complexe. Par exemple, « revenir au livre » n’est pas sans impact en terme de consommation de papier (mais emprunter des livres en bibliothèque ou se les prêter entre amis est plus que pertinent…). Tout est affaire de compromis, de gestes choisis et d’attitudes actives…

Et vous de votre côté, comment traitez-vous concrètement cet aspect ?