Éthique et nétiquette sur les réseaux sociaux

La période nous rappelle que les réseaux sociaux notamment ceux liés aux géants du Web favorisent manipulations et tensions. Les algorithmes font la part belle au buzz.

De nombreux problèmes se posent également relativement à nos données.

À titre personnel, j’ai quitté Facebook en janvier 2022. Je suis par ailleurs sur Mastodon ou Diaspora-fr réseaux alternatifs mais également sur Twitter.

Si l’affaire est complexe, on peut toutefois dire que pour partie les réseaux sociaux sont ce que nous en faisons.

Des chiffres à considérer quand on observe un réseau comme Twitter

Vous pourrez retrouver un certain nombre de données frappantes sur le blog du Modérateur.

J’en retiens quelques unes ici :

  • 44 % des utilisateurs n’ont jamais tweeté
  • 391 millions de comptes Twitter ne disposent d’aucun abonné
  • 74 % des twittos déclarent utiliser Twitter pour s’informer,
  • 79 % pour découvrir quelque chose de nouveau
  • Durée de vie d’un tweet : entre 15 et 20 minutes
  • 83 % des leaders de la planète possèdent un compte Twitter
  • Twitter estime à 23 millions le nombre de comptes tenus par des robots

Le blog Digimind présente d’autres données en complément.

Comment s’anime notre compte Twitter ?

Il est nourri pour simplifier

  • des thématiques que nous choisissons, de nos centres d’intérêts
  • des gens que nous suivons et de leurs amis et de leurs propres productions et réactions
  • de nos réactions ou interactions avec différents tweets
  • de nos productions directes

De l’intérêt de bien choisir son thème de discussion

Ainsi, parce que le compte Twitter de Numérilibre s’intéresse au numérique et au logiciel libre, les sujets des tweets que je vois défiler sont assez resserrés autour des thèmatiques concernés.

Je possède un autre compte plus polyvalent où vont se mêler des questions de politique, d’éducation, d’environnement, de littérature et de poésie… ce compte est plus difficile à gérer.

Bien entendu si certaines des personnes que je suis, abordent d’autres thèmes ceux-ci vont apparaître. C’est pourquoi la dominante de ces comptes est importante.

Qui suivons-nous ?

Nous choisissons de suivre des comptes. Cela ne veut pas dire que nous adhérons forcément aux propos tenus mais que nous y trouvons un intérêt pour nous informer ou échanger.

Néanmoins, suivre un compte c’est le valoriser à la fois auprès des algorithmes de Twitter et auprès de nos propres abonnés qui auront plus de chance de voir défiler ses messages…

L’usage veut souvent que nous suivions en retour une personne qui nous suit. Mais cela ne peut se faire les yeux fermés. Ainsi j’évite de suivre en retour des comptes ouvertement pornographiques ou par exemple faisant la promotion de théories racistes. Je peux même les signaler si j’ai des arguments ou les bloquer.

C’est mal vu par certaines personnes mais je m’accorde tout de même la liberté de ne pas avoir à supporter certains messages et comptes dans tous les sens du terme !

Qui nous suit ?

Dans le même esprit on peut se trouver flatté de se voir suivi en masse. On peut apprécier de se voir « récompensé » par un like.

Je préfère être honoré d’être suivi par des comptes de qualité (en termes de contenus) ou avec lesquels les échanges sont riches et constructifs. Le nombre importe peu.

Le suivi alors sera réciproque, les interactions plus fréquentes et enrichissantes.

A contrario je peux ne pas suivre en retour ou même bloquer certains comptes si je ne veux en aucune façon pouvoir y être associé.

L’impact de nos réactions

Certains messages parfois polémiques donnent envie de réagir. Ils peuvent déclencher une forme de colère, la volonté de rétablir une vérité, de contredire l’auteur…

Le débat est intéressant s’il est réel avec une écoute réciproque et non vu comme un combat de coqs.

Le but de ces messages est de provoquer et donc de déclencher une interaction qui donnera plus de visibilité à un message et à son auteur qui sans nos réactions resterait dans les limbes. Réagir dans ce cas c’est nourrir.

Il est mieux si je veux affirmer une position, écrire une réponse indirecte, c’est à dire un message distinct. Il faut bien se dire que dans la majeure partie des situations, ce n’est pas ma réaction qui va faire changer l’autre d’avis.

Il y a dans notre cerveau, un vieil instinct qui même animé de bonnes intentions nous invite à sur-réagir. Cela m’est arrivé comme à beaucoup.

Cela commence avec celui qui fait la leçon au message mal orthographié, qui veut « corriger » l’autre jusqu’à parfois le disqualifier publiquement…

Nota : je m’interdis de répondre d’ailleurs à un compte totalement anonyme, parfois crée juste pour faire du bruit…

Gare aux effets de meute

Il nous faut apprendre à résister. Nous pouvons nous retrouver à aboyer… ou mis en cause nous-même.

Certains n’aiment pas que l’on vienne sur leur pré-carré et vous chercheront à la faute. Leur statut « d’expert »ou leur notoriété fera qu’une réaction pourra en enclencher d’autres. C’est très intéressant d’un point de vue social mais parfois un peu éprouvant (je me souviens de personnes qui approuvaient la critique virulente d’un de mes articles – pourquoi pas – et en rajoutaient mais qui manifestement ne l’avaient pas lu au vu des statistiques !) La disqualification de la personne évite d’entrer sur le terrain des idées. Dans certains cas cela peut tourner à des formes de harcèlement.

L’impact de nos écrits

D’abord un tweet est fugace et volatile. Souvent une image attire. Pour autant il n’y aura pas forcément de réel engagement des lecteurs… Un tweet ça passe vite, ça défile sur l’écran du smartphone…

J’ai pu noter que certains tweets restent inaperçus, que d’autres peuvent être lus mais par exemple le lien proposé n’est pas cliqué… etc. Il faut bien imaginer que le message va circuler dans un océan d’informations.

Il faut donc être intéressant, attirer l’attention à bon escient, publier au bon moment… c’est un ensemble de facteurs qui vont jouer… donc il faut relativiser et peut être économiser son énergie !

Après, c’est à chacun de mesurer quelle image il souhaite donner, de s’interroger sur pourquoi il écrit …

L’autorégulation

On peut jouer sur la régulation des temps de consultation, notre façon de réagir ou nos publications.

L’idée est donc de s’interroger à la fois en termes de besoins et de valeurs.

Qu’est ce que je recherche ? Est-ce que je m’y retrouve en termes de valeurs ? La capacité de maîtrise de soi, le « self-contrôle », l’autorégulation, la tolérance -qui ne veut pas dire le laxisme- … ce sont des compétences propres aux citoyens des sociétés civilisées. Nous devons intérioriser suffisamment les règles pour ne pas avoir besoin d’un arbitre ou d’un policier en permanence derrière nous.

Une des difficultés dans les réseaux sociaux, réside dans le fait que malgré tout ils restent jeunes, qu’un vieux comme moi n’y a pas été préparé…mais que la jeunesse ne l’est peut-être pas tellement mieux. L’école ne forme pas à leur bon usage et fait mine souvent d’ignorer l’existence des réseaux sociaux qui pourtant commentent beaucoup la vie scolaire !

Il faut donc de temps en temps au lieu d’en vouloir au système lui même, voir comment on peut « reprendre la main » en commençant par soi même au lieu de faire la leçon à autrui.

Deux exemples d’outils simples que j’apprécie

Respect.Zone

–Le travail mené par cette association s’inscrit dans une approche positive et constructive. Le monde éducatif y trouvera des outils intéressants. Mais il me semble utile de commencer par s’appliquer à soi même les valeurs défendues en les partageant ouvertement.

Ce site respecte la charte de Respect.Zone

L’affiche d’Élise Gravel

– Illustratrice pour la jeunesse qui propose des outils remarquables, cette affiche commence à être connue.

Elle peut servir de « pense-bête » y compris pour les adultes.

le logo de son site

Les réseaux sociaux alternatifs

Dans la réalité des contenus, s’ils évitent les effets liés à la publicité ou à la captation de nos données personnelles, ce qui n’est pas rien… les réseaux alternatifs comme Mastodon ou Diaspora-fr.org n’échappent pas aux mêmes principes.

Les communautés y sont plus étroites et les échanges peut-être plus en proximité.